Malines – 17 août 2026

Une première en Europe : une combinaison de chaleur issue des égouts et de géothermie permet de chauffer et de climatiser un quartier résidentiel de Malines

Le site de Keerdok à Malines dispose désormais du plus grand réseau de chauffage urbain alimenté par les eaux usées de Belgique

Trois bâtiments abritant des bureaux, des logements, des salles de réunion et cinq espaces commerciaux sur le site du Keerdok à Malines sont désormais chauffés et climatisés grâce à un réseau de chaleur qui combine intelligemment deux sources d’énergie renouvelables : la chaleur et le froid issus des eaux usées et du sol. Cette combinaison de la « riothermie » et de la géothermie rend ce système unique en Europe. La société de développement des énergies renouvelables Noven a réalisé ce réseau de chaleur en collaboration avec Aquafin, le gestionnaire flamand des eaux usées, et les promoteurs immobiliers Kairos et Montreal. Le site du Keerdok est par ailleurs le plus grand site de Belgique où les eaux usées sont utilisées comme source de chaleur principale.

 

Comment fonctionne la thermie des égouts ?

Les eaux usées provenant des douches, des lave-linge, des lave-vaisselle et d'autres usages domestiques s'écoulent en permanence dans nos égouts à une température relativement constante, comprise entre 12 et 18 degrés Celsius environ. Même en hiver, cette température reste étonnamment stable.

Sur le site de Keerdok, ces eaux usées sont collectées dans un grand collecteur situé à environ huit mètres de profondeur. Un échangeur de chaleur d'environ 140 mètres de long en extrait la chaleur et la transporte vers les bâtiments via un fluide caloporteur. Là, une pompe à chaleur amène la température au niveau souhaité pour le chauffage ou le refroidissement. Ainsi, l'énergie qui serait normalement perdue dans les égouts est exploitée au maximum.

« La riothermie est une technologie simple qui utilise une source d'énergie particulièrement stable », explique Maarten Raemdonck, responsable des nouvelles activités chez Aquafin.

« Les eaux usées sont toujours présentes et l'infrastructure de base se trouve déjà sous nos pieds. À part une pompe à chaleur et quelques canalisations, le système ne nécessite que peu d'espace supplémentaire. De plus, la thermie des égouts, avec un coût d'investissement moyen compris entre 700 et 1 000 euros par kW de puissance et un rendement énergétique élevé, constitue également une solution intéressante sur le plan économique. »

Une combinaison unique de thermie des égouts et de géothermie

Bien que la thermie des égouts soit de plus en plus répandue à l'échelle internationale, son utilisation est restée limitée en Belgique jusqu'à aujourd'hui. Aquafin s'en sert pour chauffer et climatiser ses propres bureaux, et à Saint-Nicolas, cette technique est utilisée pour une piscine et un complexe sportif. Le site du Keerdok est toutefois le premier réseau de chaleur belge à utiliser la thermie des égouts comme source de chaleur principale à cette échelle.

La véritable innovation réside toutefois dans la combinaison avec la géothermie. Noven a mis au point un système énergétique dans lequel la chaleur des eaux usées et l'énergie géothermique se complètent. Pendant la majeure partie de l'année, les eaux usées fournissent suffisamment d'énergie. Ce n'est que lorsque la température des eaux usées baisse pendant les périodes hivernales rigoureuses que les champs BEO (stockage d'énergie en puits de forage) prennent le relais en tant que source de chaleur d'appoint.

« Cette combinaison de thermie des égouts et de géothermie à cette échelle est unique en Europe », explique Menno Janssens, de Noven. « Les champs BEO se composent de forages atteignant environ 150 mètres de profondeur et servent principalement de système de secours en cas de gel. Cela nous permet de garantir aux habitants et aux utilisateurs un approvisionnement en chauffage et en climatisation confortable et durable à tout moment de l'année. »

Selon Noven, ce projet montre comment différentes sources d'énergie renouvelables peuvent se renforcer mutuellement au sein d'un réseau de chauffage collectif. À cette fin, l'entreprise rassemble des partenaires publics et privés et transforme des technologies énergétiques complexes en solutions concrètes et réalisables pour le développement résidentiel et urbain.

 

Entièrement neutre sur le plan climatique

Pour les promoteurs Kairos et Montréal, le système d'énergie durable constitue un élément essentiel de la vision qui sous-tend le projet.

Wim Straetmans, directeur général de Kairos : « Nous exploitons ici une énergie 100 % renouvelable issue d’un flux de déchets qui se trouve littéralement sous la place. De plus, en alimentant les pompes à chaleur avec de l'énergie solaire produite localement, l'installation est totalement neutre en CO₂. Nous démontrons ainsi qu'aujourd'hui, le développement urbain durable peut parfaitement aller de pair avec les technologies énergétiques innovantes. »

 

Bart Langens, directeur général de Mont-Real : « Le quartier résidentiel de demain ne se définit pas uniquement par son architecture, mais aussi par sa gestion énergétique. En intégrant dès le début du projet cette combinaison unique de thermie des égouts et de géothermie, nous démontrons que l’énergie durable n’est pas un simple complément, mais un élément fondamental d’un aménagement urbain de qualité. »

 

Les habitants et les occupants des bureaux ont déjà pu constater cet été, lors des premières journées d'essai, que le système fonctionnait également dans la pratique. Ils ont alors découvert pour la première fois le système de refroidissement agréable et économe en énergie que le réseau de chaleur fournit pendant les chaudes journées d'été.

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